English

Sélection Couleurs Jazz

on Tuesday, 23 February 2016. Posted in CD reviews, English, French

Par Vincent Suzat

Sélection Couleurs Jazz

***See English below

Le saxophoniste Shauli Einav nous livre un des CD les plus enthousiasmants de la production de ces derniers mois. Un jazz moderne, brillant, à la fois cérébral et sensible, réfléchi et créatif, osant des couleurs vives (que certains trouveront pas assez académiques…), et présentant toujours une très belle musicalité.

La présence de Paul Lay au piano est remarquable. Bien au-delà d’un simple sideman, ses prises de paroles sont mélodieuses, sans jamais tomber dans la facilité, ni dans la virtuosité claviéristico-sportive, les dialogues avec le saxo sont d’une grande intelligence, les couleurs d’harmonies à la fois consonantes et libres de tendre vers une dissonance moderne qui reste malgré tout très compréhensible. « Tao Main » en est un exemple magistral. Le travail au rhodes sur Beam Me Up présente aussi des harmonies modernes et subtiles avec le saxo.

La paire rythmique Florent Nisse / Gautier Garrigue, compères de l’excellente formation française Flash Pig, nous bâtissent une ossature à la fois dense et relevée, un échafaudage solide, intense, jamais simpliste, toujours nuancé, en évolution permanente, permettant l’expression mouvante des deux autres.

Shauli Einav a du chercher un son, au centre de ce paysage, et il l’a trouvé. Je le trouve un peu plus nuancé que dans ses trois précédents opus, plus subtil, et osant plus le plein chant aussi (j’y reconnais un peu de Zorn quand il fleurte entre phrasé consonant et dissonant?). Mais toujours avec la même vigueur, la même lumière.

Il parait que Prokofiev a été une source d’inspiration pour cet album. On y reconnait certes quelques couleurs mélodiques, quelques motifs harmoniques et rythmiques, mais cela reste prétexte.

On retient surtout un formidable équilibre d’ensemble, une modernité radieuse, énergique et sensible, et très intelligemment construite, à laquelle on revient avec plaisir.

Beam me up, Scotty !


The saxophonist Shauli Einav delivers one of the most exciting CD of these last months production. A modern, brilliant, at the same time cerebral and sensitive, thoughtful and creative jazz, daring lively colors (that some will find not rather academic), and always presenting a very beautiful musicality.

Paul Lay‘s presence at the piano is remarkable. Far more than a sideman, his play is melodious, without ever falling in the ease, nor in the keyboard-sports virtuosity, the dialogues with the sax are full of intelligence, the colors at the same time consonant and free to aim towards a modern dissonance which remains very accessible. « Tao Main » is a good example. The parts with the fender rhodes on Beam Me Up is a very delicate and modern job too.

The rhythmic duo Florent Nisse / Gautier Garrigue, from of the excellent French band Flash Pig, builds us a dense and spicy skeleton, a solid, intense, ever simplistic scaffold, always subtil, in permanent evolution, allowing the moving expression of two others.
So, Shauli Einav had to search for his proper sound, in the center of this landscape, and he found it well ! He seems to me a little bit more subtile than in his three previous albums, and daring more the full singing also (do I recognize a little thing from Zorn when he drives between consonant and dissonant phrasing?). But always with the same energy, the same light.

I hear that Prokofiev was a source of inspiration for this album. We recognize certainly some melodic colors and rhythmic patterns, but it is a pretext.
We retain especially a great balance for all the band, a radiant, sensitive modernity, very intelligently composed. I’ll play it again with pleasure !

Beam me up, Scotty !

Premier chroniques pour "Beam Me Up"!

Written by Team Shauli on Tuesday, 12 January 2016. Posted in CD reviews, English, French

Reviews from France

Premier chroniques pour

Jazz A BaBoard

Beam Me Up – Shauli Einav Après sept ans passés aux Etats-Unis et un diplôme de l’Eastman School of Music en poche, Shauli Einav s’est installé à Paris en 2012. Le 19 janvier, le saxophoniste sort un quatrième disque, Beam Me Up, chez Berthold Records. Einav joue avec en quartet, avec le pianiste Paul Lay et le contrebassiste Florent Nisse, déjà présents sur A Truth About Me (2013), et en compagnie du batteur Gautier Garrigue. Einav invite aussi le guitariste Pierre Durand pour un morceau : « 76 San Gabriel ». Les sept thèmes sont de la plume d’Einav et quatre d’entre eux sont inspirés des œuvres de Segueï Prokofiev. Des mélodies dans l’esprit début du vingtième, mais aussi néo-bop dissonantes, soutenues par une rythmique dynamique et des chorus relevés : la musique du quartet est vivante. Einav adopte une structure thème – solo – thème et laisse de l’espace au piano ou au Fender de Lay. Le saxophoniste affiche une aisance à toute épreuve et sa sonorité moelleuse au soprano est particulièrement flatteuse, tandis que son ténor sonne presque comme un alto. Avec son jazz moderne et tendu, Beam Me Up s’inscrit dans l’air du temps. 

Musicologie.org

8 janvier 2016, par Alain Lambert —

— Installé à Paris après un long séjour new-yorkais de sept ans, le saxophoniste a travaillé avec le compositeur Asaf Matityahu pour mieux faire ressortir les correspondances des thèmes de Prokofiev avec les siens, qui prennent ainsi une ampleur presque insolite, avant de glisser dans l'improvisation impétueuse, comme dans les deux premiers morceaux (1415 et Tao Main), directement inspirés de motifs extraits des Visions fugitives. Du jazz épanoui donc, avec deux solistes éblouissants, Shauli Einav au sax, ténor ou soprano, Paul Lay au piano, et une section rythmique impeccable, Florent Nisse à la contrebasse et Gauthier Garrigue à la batterie, très présents tous deux pour ajouter du volume et de la rondeur. Par exemple dans Assai, en écho à l'Assai moderato no 12 de Prokofiev, où le son lyrique du soprano est comme enluminé. Dans Dolce Gustav, le principe de variation, mélodique et rythmique, est assumé en profondeur et complexité par le saxophoniste, avant de céder la place à un piano songeur. Ten Weeks amplifie la gravité du ténor par des accords pesants. Le temps s'écoule de façon irréversible, en même temps qu'il nous fait évoluer dans nos vies comme une succession de solos qui jamais ne seront rejoués. Le morceau titre, Beam Me Up, change l'ambiance de l'album quand Paul Lay reprend l'amorce de la contrebasse au Rhodes Fender, de façon répétitive et hypnotique, pour d'abord entraîner le sax à s'emballer, avant de finir par s'y soumettre. Pour le final, la guitare de Pierre Durand tisse des arpèges scintillants à la méditation mélancolique du soprano, hommage à un ami disparu. Par contre, la résurgence d'un thème en quartet, non répertorié sur la pochette, quelques minutes après la fin du disque, me laisse comme toujours dubitatif. Pourquoi ne pas l'avoir inscrit comme tel sur le cédé, d'autant que le son en est très beau ? Un beau cédé très inspiré à découvrir en priorité. On peut écouter des extraits sur le site du saxophoniste. Alain Lambert 8 janvier 2016

CultureJazz

Àgé de seulement 33 ans, le saxophoniste israélien Shauli Einav possède déjà un vécu musical des plus riches bien que son premier album soit paru il y a seulement 5 ans. Quittant son pays natal pour New York, il est désormais installé à Paris où il a enregistré ce quatrième album largement inspiré par l’œuvre de Prokofiev dont il est un grand admirateur. Solide formation, solistes de très haut niveau, section rythmique sans failles : voilà un disque porté par l’esprit du jazz, fidèle à des codes esthétiques connus mais néanmoins original.

Haaretz

on Tuesday, 23 February 2016. Posted in CD reviews, English

by Ben Shalev

The opening of Einav’s latest album is a bit deceptive, perhaps even intentionally: Opening track “1415” starts like a Jewish tune, even Hasidic. But the roots of the album are the imagination and open mind of the saxophonist. Einav doesn’t play freestyle jazz, but there’s a lot of freedom in his jazz. The framework refuses to remain rigid. The improvisation, as opposed to most of the other albums reviewed here, is not organized according to a clear harmonic structure that repeats itself, but has a more fluid and even capricious regularity.

Hebrew:

Haaretz BenShalev